Le secours étranger arrive quand la pluie est passée – Mémoires rwandaises

Lecture-spectacle de la Compagnie Via Nova

Croisant des extraits d’œuvres de fiction, des témoignages, des discours officiels, ce spectacle unit émotion et réflexion, donne à entendre la parole intime, raconte, pour mieux transmettre l’indicible…

Mise en scène : Juliette Delfau

Avec Nicole Ciappara, Jérémie Chaplain, Emmanuel Cuchet, Juliette Delfau, Ingrid Lebrasseur, Pascal Guerin, Régis Ranc, Valérie Thomas.

Lumières : Claude Falligan

Durée : 1H15

« Quand on est en paix, la serpette sert de rasoir. »

Pour télécharger le dossier de présentation du spectacle, cliquez ici.

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1994. Rwanda. Cent jours. Cent nuits.

C’est le temps qu’il a fallu pour éliminer un million de personnes. Au fusil, au gourdin, à la machette.

Petit voyage au cœur de la mécanique du pouvoir. De quels événements passés peut surgir une telle horreur ? Que s’est-il réellement produit ? Qui savait ? Qui tirait les ficelles ? Pourquoi personne n’a rien dit ? Comment un régime raciste passe de la discrimination aux pogroms, et de ceux-ci à une solution finale impliquant toute une population ?

Stratégie, recette guerrière, planification méthodique : comment la soif de pouvoir, la manipulation et la propagande conduisent un peuple entier à effectuer ce que beaucoup appelaient… un « travail » Comme un rouleau compresseur humain qu’on ne peut plus arrêter.

Mais, au-delàd’une réflexion politique et historique, le spectacle invite à un parcours à la fois poétique et ludique pour dire l’indicible, pour redire encore, pour se souvenir, pour résister à l’oubli et au cynisme ambiant. Parfois le rire devient le meilleur moyen de mieux faire saisir les enjeux, de les faire mieux entendre aussi. Parfois, il nous faut simplement écouter et prendre soin de ces blessures, de « nos réels » insupportables, avec respect et considération.

Nous ne sommes pas rwandais. Nous souhaitons juste être des passeurs de mots, ceux que nous avons lus, entendus ressentis. Pour donner à entendre la voix des témoins. Certes, nous sommes bien loin des terres africaines, français de France, mais il nous semble pourtant vital d’entretenir la mémoire avec les rwandais. Pour ceux qui sont morts, pour ceux qui restent. Pour rester vigilent, parce que, quand il y a eu un génocide, il peut y en avoir un autre…


Fiche technique (minimale)

Ce spectacle est à priori adaptable partout, que ce soit un lieu théâtral équipé ou non (musées, salles d’expos, bibliothèques…).

Dimensions espace scénique :

Ouverture minimale : 5m – Profondeur minimale : 4m

Boîte noire

Transport des éléments de décor : Boxer

Montage : 1 service si équipé

Nota : pour toute autre configuration, nous contacter.

Fiches techniques lumière et son disponibles sur demande

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CV Juliette Delfau, metteuse en scène

Juliette Delfau a été formé d’abord à l’Ecole Florent, dont elle intègre rapidement la classe Libre, puis à l’ENSATT (école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre), dont elle sort en 2002. Elle est engagée dans la foulée dans la troupe permanente de la Comédie de Valence, sous la direction de Philippe Delaigue et Christophe Perton. Elle y restera jusqu’en 2009. Elle joue dans de très nombreuses créations, sous la direction de différents metteurs en scène. Après plusieurs assistanats, elle crée ses propres mises en scène : « La fleur à la bouche » de Pirandello, « Coco » de Koltès, « Je ne trompe pas mon mari » de Feydeau, «Surtout n’en oubliez aucun » de plusieurs auteurs contemporains, « Admirable !» d’après Sarraute, « Une parfaite chambre de malade » d’Ogawa, « Portraits Israël-Palestine » de Sales,… Elle dirige également de nombreux ateliers de formation pour tous âges et tous niveaux.

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CV Compagnie Via Nova

Créée en 2008, la Compagnie Via Nova se compose d’un collectif artistique regroupant des acteurs et metteurs en scène, danseurs et chorégraphes. Elle poursuit une logique de création de spectacles. A l’heure actuelle la Compagnie Via Nova a déjà proposé quatre spectacles sur la commande du CDN Drôme, Ardèche la comédie de Valence : « surtout n’en oubliez aucun », montage d’auteurs contemporains, « Correspondance avec un ours » de Tchekhov, « Je ne trompe pas mon mari » de Feydeau, « Admirable !» d’après Nathalie Sarraute. Elle en prépare un cinquième pour Mars 2011. Elle vient également de créer « Le secours étranger arrive quand la pluie est passée », autour du génocide rwandais au théâtre de la ville de Valence. D’autres créations, actions culturelles en milieux scolaires, hospitaliers et autres sont programmées au cours de l’année.

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Témoignages sur la pièce :

« L’exercice était délicat, vous avez su, selon moi, trouver un ton juste, humain, respectueux des hommes et des femmes victimes de ce moment de l’histoire. Cela mérite d’être vu plus largement. » Marie

« Mille mercis pour ce spectacle que vous nous avez offert, réussi à tout point de vue. C’était une gageure plus que risquée que de s’attaquer à ce sujet très complexe et de le monter sur les planches.

Pourtant, le pari, à mon sens est gagné : la pièce est percutante, elle est salutaire, elle est rythmée et m’a tenu en haleine. Quel travail de recherche, d’analyse, de compilation de documents, l’articulation des différents tableaux se fait de manière naturelle. Le ton est bien trouvé, le jeu des acteurs très juste. En tant que spectateur, on est à mal à l’aise parfois (lors de la description des ethnies lors de la période coloniale par exemple), révolté souvent (devant les témoignages de rescapés notamment utilisés à bon escient), indignés également devant le cynisme des responsables rwandais … et français.

Même s’il est difficile en si peu de temps de tout expliquer, cette pièce me paraît un excellent outil de sensibilisation, c’est une part du travail de mémoire indispensable face à cette tragédie trop oubliée et aux causes qui l’ont provoqué.» Yannick, président de l’association Survie Drome Ardèche

« Mené tambour battant ce spectacle nous plonge au cœur du processus génocidaire et réussit un défi : transmettre les événements dans leur complexité sans être scolaire ni donneur de leçons. Tous les protagonistes sont là : les puissances occidentales complaisantes et cyniques, les représentants de l’état rwandais paranoïaques et manipulateurs, les médias aux ordres, les bourreaux pris dans une spirale infernale, et les victimes dont la parole est donnée à entendre avec pudeur et émotion. Jamais misérabiliste, tour à tour drôle et effroyable ce spectacle nous rappelle une page d’histoire pas si lointaine et nous invite à ne pas oublier. » Laure, directrice du Centre du Patrimoine Arménien à Valence

« J’ai été bluffé par l’homogénéité d’un spectacle monté à partir d’un patchwork de textes de styles aussi divers, dont il sort un récit au fil narratif bien lisible, avec des moments de forte charge émotionnelle et d’autres plus incitatifs à une réflexion critique. » Jacques