Face aux collines du Rwanda

« Face aux collines du Rwanda »

Récit conté – Création 2019 d’Ignace Fabiani

Situé entre lecture vivante et récit conté, ce spectacle nous emmène en voyage au Rwanda, à la découverte de ce pays étonnant.

Des mots profonds, drôles et parfois graves, inspirés de faits réels.
La voix du conteur se mêle aux ambiances sonores et chansons enregistrées directement à Kigali, la capitale du Rwanda.

Tout public à partir de 12 ans
Durée : 60 minutes

Le spectacle peut être suivi d’une discussion avec le public autour de la proposition artistique mais aussi de l’histoire du Rwanda et de la situation du pays aujourd’hui.

Distribution :

Écrit et interprété par : Ignace Fabiani
Aide à l’adaptation : Claire Davienne
Accompagnement à la mise en voix : Juan Antonio Martinez y Carrion

Ce spectacle existe aussi en anglais ! English version, here !

L’histoire :

Joseph, un jeune français de 24 ans part à Kigali pour 6 mois, travailler avec des jeunes qui vivent dans la rue. Au fil du spectacle, une multitude de personnages viennent colorer le récit : un jeune passionné de rap ayant appris l’anglais en regardant des films de Bollywood, une éducatrice rescapée du génocide, toujours pleine de projets et d’espérance, un gardien de nuit féru de proverbes qui ne quitte pas sa chemise et sa moustache de toréador, une jeune fille orpheline qui pilote aujourd’hui un drone…

Des personnages auxquels Joseph s’attache, qu’il a envie de connaître, de comprendre… et qui nous permettent ainsi de découvrir de manière sensible – entre humour et gravité – un peu de l’histoire du Rwanda.

Mise en scène :

Simple et épurée la mise en scène nous amène à la frontière entre le conte, la lecture et le récit. Debout face au public le comédien-conteur, seul sur scène, nous raconte cette histoire singulière et nous emmène en voyage, accompagné des ambiances sonores et chansons qui viennent rythmer le spectacle.

« Face aux collines du Rwanda » peut prendre vie dans des lieux variés dans une ambiance intimiste… Théâtre, salon, bibliothèque, festival, lycée, petite salle, yourte…

Extraits du livre d’or :

4« J’aime la simplicité avec laquelle vous dessinez et peignez le décor du Rwanda. J’y étais avec vous. A prescrire aux candidats qui veulent travailler dans une ONG ! » Raph

« Un spectacle qui nous amène à hauteur d’homme dans la grande histoire en toute simplicité et authenticité. » Loic

« Le lien entre le texte et les sons est excellent ! » Yvonne

« Un récit frissonnant, immersif, documenté, ravagé autant que lumineux qui nous transporte dans les contours et les limites de notre histoire. Que les oreilles ouvrent à la conscience. » Marien

« Ce conte nous fait découvrir un pays qu’on ne peut oublier ! Tes mots rendent palpables les ambiances et questionnements de ce pays qui se relève. Ça me donne envie d’apprendre des Rwandais ! » Françoise

« Un voyage grave, mais plein d’espérance… qui résonne des couleurs et richesses de l’âme africaine. » Martine

Galerie de personnages :

21Innocent. A 17 ans, c’est parmi les habitants du centre Inzu, celui qui parle le mieux le français. A la fois réservé et enthousiaste, il est devenu un des mes guides attitrés.
De taille moyenne, tête rasée, il a un visage élégant avec une cicatrice au dessus de l’oeil gauche. Il se balade toujours en short avec des crocs jaune.
En juin, il terminera sa dernière année d’école primaire, à 17 ans… Son père, ses frères et ses sœurs sont morts pendant le génocide, quand il n’avait que 2 ans. Mais quand il en parle, il préfère dire qu’ils habitent aux Etats-Unis et qu’un jour il ira les rejoindre. A l’âge de 10 ans, il a quitté sa mère et son village pour venir à Kigali. Chercher du travail, se chercher une vie. Après 4 années à vivre dans la rue, il a atterri ici au Centre Inzu, et réussi à reprendre le chemin de l’école. Quand il parle français il est un peu timide, hésitant. Mais quand il parle kinyarwanda, la langue d’ici, il est presque dure, autoritaire. Dans le centre avec les jeunes, on sent que c’est lui le chef.

Snoop. Un jeune d’une quinzaine d’années. Tout le monde l’appelle Snoop car il s’habille toujours comme le rappeur américain Snoop Doggy Dog. Casquette ou bandeau sur la tête, bagues aux doigts et maillot de basket trop large sur le corps, il se laisse pousser une petite barbichette. Il parle assez mal le français, préférant l’anglais de son idole. L’autre jour, il m’a expliqué comment il avait appris la langue de Shakespeare. Depuis plusieurs années, il va assister dans un petit maquis à des projections de films de Bollywood. Ceux-ci sont en hindi, sous-titrés en anglais. Une personne à côté de la télé, traduit au fur et à mesure en kinyarwanda. Un jour, Snoop s’est mis à venir avec un cahier, à recopier les mots à l’écran et à les mettre en lien avec les mots du traducteur…

Béatrice. La directrice du Centre Inzu. Petite, charmante, avec un visage souriant et énergique. Les premières semaines, j’ai eu des discussions assez vives avec elle autour du « rôle » que j’allais occuper dans le centre. Dès nos premiers échanges avant mon arrivée, j’avais expliqué que suite à des expériences mitigées au Togo et en Inde, je venais au Rwanda, d’abord pour rencontrer les jeunes. Par mail, Béatrice avait dit oui, mais maintenant que je suis là, elle voudrait quand même que je fasse quelque chose… aux moins de la comptabilité, ou des dossiers de subventions, … Elle ne peut pas s’imaginer qu’un blanc ne veuille réellement rien faire d’utile, d’efficace… Malgré nos incompréhensions, elle est toujours très positive, souriante et rayonnante. Modeste, le gardien de nuit, m’a appris hier qu’elle a pourtant une histoire douloureuse, étant elle-même rescapée du génocide de 1994, pendant lequel elle a perdu de nombreux membres de sa famille, dont son mari.

Modeste. Il occupe officiellement une place entre gardien et éducateur de nuit, officieusement plutôt entre sage et fou du village. Moitié congolais, moitié rwandais, il est très grand avec une petite moustache qui lui donne un air de toréador. Toujours en pantalon, chemise et veston classe, c’est un personnage haut en couleur avec qui j’ai tout de suite accroché. On passe nos soirées à discuter dans son français chantant et coloré. Il adore citer des proverbes rwandais de derrière les fagots. « Même le coq qui chante, a été un œuf… »

Marie-Ange. Une jeune femme grande, athlétique, avec les cheveux coupés très court, qui a elle-même grandi dans la rue, puis a été hébergée dans le centre à sa création et est aujourd’hui graphiste de renom.
Modeste : « T’imagine que cette fille là, c’était une enfant des rues comme tous les autres ici. Si tu la vois aujourd’hui, tu peux pas le croire. Marie-Ange était là à la création du centre en 99. Je l’ai vu moi ! Elle avait 14 ans. Maintenant elle a sa propre agence de communication ! Sa propre maison. Un mari, un enfant. Même une clôture ! »

Note d’intention d’Ignace Fabiani :

2Le Rwanda est un pays qui me passionne depuis 15 ans. Inspiré de mon expérience personnelle, j’ai créé un spectacle qui nous plonge dans la découverte de ce pays étonnant, dont je cherche à saisir les paradoxes.

L’ambition de ce récit est de réussir à parler de la réalité complexe du Rwanda, avec ses ombres et sa lumière. En partageant l’héritage difficile du génocide, mais aussi en montrant la richesse de ce que nous pouvons apprendre des Rwandais. En racontant la force inspirante de certains rescapés devenus, moteurs de paix, de changement et de dynamisme pour leur communauté. En ouvrant notre attention à ce que cette résilience dévoile d’universel. En témoignant de la curiosité contagieuse de ces jeunes qui, malgré leur situation précaire, croient en leur avenir.

Ce récit interroge aussi le rôle des jeunes « occidentaux » qui veulent à tout prix « aider à développer » l’Afrique…

Le spectacle « Face aux collines du Rwanda » est nourri de mon regard aiguisé au contact des jeunes que j’ai rencontré à Kigali, des émotions vécues avec eux, de mon ressenti de « jeune français », souvent interrogatif et parfois même honteux devant ce que les Rwandais m’ont raconté sur le rôle de la France en 1994, de ma passion à vouloir comprendre les enjeux et la complexité des situations pour les repartager de manière nuancée…

Je sens aujourd’hui la nécessité de porter ces bouts de vie, ces mots et ces histoires sur scène. C’est une opportunité pour le spectateur de faire un pas de côté, de tenter de chausser les lunettes de l’autre, de se relier à l’altérité. Modestement, à mon échelle, je souhaite qu’à travers ce spectacle, on parte en voyage ensemble et qu’on revienne chez soi transformé !

Mon histoire avec le Rwanda :

J’ai commencé à m’intéresser au Rwanda en 2003 grâce à la lecture de plusieurs livres.

En 2006, j’ai décidé de découvrir le Rwanda en « vrai » en partant faire mon stage de fin d’études à Kigali au sein d’un centre accueillant des jeunes qui ont vécu dans la rue. Une expérience très riche où j’ai pu découvrir une partie des « ruses anonymes et quotidiennes » que ces jeunes mettent en place pour vivre debout, dignement et fiers. Ces mois exigeants et passionnants ont lié mon histoire à celle du Rwanda.

De retour en France, j’ai voulu mieux comprendre l’histoire de ce pays – lectures, films, rencontres avec des sociologues, historiens, humanitaires, militaires,… – tout en cherchant ce qu’elle a d’universel à nous dire.

Je suis retourné au Rwanda en 2009 pendant un mois et demi pour retrouver les jeunes que j’avais rencontrés et soutenir le centre d’accueil.

En France, j’ai continué à mener des activités en lien avec le Rwanda : organisation d’un festival de films « Contrastes du Rwanda » au Cinéma Opéra à Lyon, conférences, interventions dans des collèges et des lycées, lectures de textes,…

Je suis reparti une troisième fois au Rwanda en 2017 pour prendre la température actuelle du pays et enregistrer des ambiances sonores pour le spectacle.

20171207_094930

Mes spectacles précédents :

Depuis 2011, je travaille comme comédien au sein de la compagnie de théâtre Artiflette (basée à Barraux, en Isère). J’y ai créé avec Claire Davienne, deux spectacles :

  • « Le chant des radiateurs« , un duo voix et violoncelle à partir d’extraits d’un livre du poète contemporain Christian Bobin (« Autoportrait au Radiateur », éditions Gallimard).

Ce spectacle intime parle de la vie, de la mort, de nos moyens de résistance ; dans une valse où les mots dansent avec la musique …
Il a été joué plus de 100 fois dans des lieux très variés : aux festivals d’Avignon, d’Aurillac, de Chalon dans la rue, chez l’habitant, dans des médiathèques, théâtres, lycées, en prison, et au Québec !

« Merci pour la vive compagnie de vos mots et du violoncelle ainsi que les sourires que vous avez fait fleurir aux lèvres des auditeurs. » Christian Bobin

DSC00510

Un spectacle inspiré d’une histoire vraie entre théâtre et récit conté, tissé de mots et de musique, qui raconte les rencontres au quotidien dans une cité HLM.

« Merci pour ce témoignage de vie au coeur d’une cité, territoire devenu ô combien symbolique, faisant partie de notre mythologie contemporaine bien française. Votre texte suscite une curiosité sincère. Nous saluons ce que nous avons ressenti comme l’exercice d’une regard juste, honnête et respectueux, sans effet de littérature, cherchant sa propre voix et de ce fait étanche s’il en est aux contaminations médiatiques… regard dont on pourrait se dire qu’il pourrait être aussi le nôtre et qui se révèle en ce sens précieux…  »
A Mots Découverts, association d’accompagnement à l’écriture dramaturgique

Photo Copains en bas

 

 

Publicités